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Statut d'émigré
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Statut d’émigré le 09/06/07 Cr
Un monstre que j’aurais voulu vaincre quand la montagne le vomissait, dans sa furie haletante sortant de sa caverne ensorcelée où je n’aurai jamais osé aller l’affronter C’est lui qui signait mes victoires car j’y sacrifiais sur le rail la pièce de monnaie qui valait au moins un carambar, et qui une fois martelée sous sa mitraille en pendentif sur un collier me couronnait prince de mes cinq ans. Il m’arrivait de me battre avec mes copains croyant acquis le droit de leur dérober quelques sucreries. J’éprouve quand je remonte dans ma mémoire la sensation comme si c’était hier et pourtant. Alors je plonge dans la nuit tout rêve dehors, j’attends tous ces accents de gens vêtu comme des épouvantails qui montent vers les coteaux armés de sécateurs un seau au coude de leurs manches chantants riants vers la bataille des vendanges. Depuis quelques temps mon oncle et ses amis avaient mis dans les fontaines ces bateaux ronds pour les faire gonfler qui nous servaient à califourchon à chamailler d’âpres bagarres nos jeux d’enfants. Le village où je suis né, mon château fort entouré de grands murs, ancien cloître où les toits se rejoignent vers le haut pour éviter au soleil de venir troubler le repos de ses habitants robustes. Chez eux tout n’était qu’une habitude apprise de leur père cette expérience des gens de la montagne où la mer que l’on voit là bas à vol d’oiseau était déjà un au-delà. J ai vécu au rang des vignes, aux branches des amandiers, croquant au doux velours des nectarines sur une terre rouge qui dessine les rangs qui rayent les coteaux. Des années d’enfant sauvage qu’un jour de septembre furent apprivoisées par un grand bâtiment aux fenêtres peintes en bleu. C’est en sortant avec mon nouveau cartable, fier comme Artaban que sur le mur qui jouxtait, ces fleurs pendant en cascades, marqua sans doute ma mémoire, où dés lors j’y acquis cet amour. Puis il y avait elle, la fascinante, celle qu il était interdit de fréquenter qui, les jours de colère montait jusqu’aux marches du clocher, comme disait ma mère dire la force qu’elle avait à voler un enfant. Et quand les interdits sont forts, la découverte n’en est que plus émoustillante, qui fit qu’un jour un jeudi je crois, par le sentier interdit je la rejoignis. Fascination du charme de la découverte où peut être de l’avoir tant convoitée, elle fut et reste un autre grand amour, ma rivière. Depuis que la curiosité de mes yeux enfant avait cet appétit de la découverte j’avais de cesse de regarder là haut cette montagne toute verte que je n’aurais jamais connu si tôt, si un copains d’un campement d’à côté un gitan né aux saintes perdu dans mon pays, m’avait compté tellement de fois ses largesses, des arbres grands comme des bateaux, une autre mer que l on appelait forêt, et qui en certaine saison lui donnait le pouvoir de m’offrir autant de carambars que je pouvais en manger par la cueillette de ses champignons le bolet. Et c’est ainsi préprogrammé dans une vie d’enfant de rêve que le sort en décida autrement d’en vivre mes autres années dans un statut d’émigré…/…N a
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bonne journée
 primerose (11/06/07 12:34) |
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C’est vrai que nous sommes devenus les émigrés de notre passé. Ce passé ou l’enfance était une terre promise sans qu’on le sache. Cette enfance que l’on cherche à retrouver dans tous les regards, tous les tournants de rue, touts les arômes renouvelés des saisons, toutes les ombres d’hier dans la lumière d’aujourd’hui. Vous avez du talent à nous faire remonter ainsi le temps. Et prendre le chemin à l’envers jusqu’à replonger dans les plus lointains souvenirs, de ceux qui vous dessinent sur les lèvres un sourire au présent. Alors on se dit que l’émotion est intemporelle, et que là bien blotti au fond de chacun de nous, se cache un trésor à partager. marie (09/06/07 21:54) |
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