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| Dimanche 25 Novembre 2007 |
Devant le néant de l'impuissance je me réfugie dans mon enfance
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Histoire du Diable
C’était il y a un temps certain au demeurant pas si lointain, au bord de la rivière vivaient des cousins, chez qui j’aimais aller. Enfant, et à cet âge, l’eau, les bosquets de genêts, le champs de tomate, et le verger, étaient les lieux privilégiés de nos jeudis et dimanches matins, où l’on volait à la messe pour le terrain de jeu du lieu dit le moulin. Mon oncle, canular, prenait un malin plaisir à extraire des pattes du curé, comme il disait, les enfants à qui souvent il profitait pour leur conter des histoires pleines de malice que nous trouvions à notre goût plus que les vœux pieux. De ces histoires, il en est une qui me trotte dans la tête, celle d’une grosse pierre incrustée au bord du chemin, en forme de V, légèrement creusée en son extrémité, avait comme un cafetier une forme de bec pour verser. Oui verser le sang des condamnés du diable, d’après la légende cet endroit aurait été pour le démon l’objet d’un camouflet. Cet oncle, je me souviens de lui comme d’un homme extraordinaire, les traits marqués par les éclats de charbon sur son corps criblés comme des tatouages, lui donnant l’air de sortir tout droit de l’enfer où il s’échinait douze heures par jour pour nourrir sa famille. Et quand assis sous le figuier, il nous contait l’une de ses histoires, quelque part, nous n’étions pas loin de penser qu’il devait l’avoir côtoyé, à fréquenter les profondeurs de la mine dans le noir du charbon. Chaque fois que la sirène hurlait sans devoir s’arrêter, la panique dans nos petites classes nous figeait, l’on savait que là bas au fond du trou, ils l’avaient rencontré. Et souvent des copains manquaient à l’appel, laissant dans les classes un ou plusieurs orphelins.
Il avait, pour raconter ses histoires, la voix avec ces pleins et déliés d’un accent étranger qui nous laissait pantois du temps qu’il prenait avec délectation à nous faire attendre, quand le suspens était dans nos yeux au comble de l’émotion. Aussi loin que je me souvienne, voila comment commençait l’histoire de la pierre du seigneur de Lunas, que d’un regard furtif, notre appétit attisait l’émotion.
((Alors que les hautes murailles de l’antique château couvraient encore les sommets escarpés du Redondel, alors que les seigneurs féodaux se prenaient de querelles sous le moindre prétexte et forçaient leurs manants à s’entredétruire pour gloire de leurs maîtres, il advint que le châtelain, trop batailleur de nature, fut abandonné de la fortune et tomba entre les mains d’un ennemi. Jeté au cachot, il attendit pendant de longs mois que son épouse envoyât la rançon qui seule pouvait anoblir le cœur de son barbare geôlier. Mais l’infidèle menait pendant ce temps joyeuse vie, et songeait déjà de convoler en de nouvelles noces. Lorsque le diable, voulant gagner à lui le seigneur, va le trouver dans son triste réduit….. /….. A suivre
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