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| Marche blanche |
| |  Le 07/06/08
Hier j’avais l’impression d’être dans un bocal le nez écrasé sur la paroi concave en regardant dehors un monde déformé. Avec cette idée de m’échapper de cette prison de verre où tout est transparent, mais chaque fois que l’on essaie de fixer le regard sur les faits l’image se déforme et naissent des personnages d’une planète que je ne connais plus.
C’était hier, puis il y eut vous, avec comme panache les idées que nous sommes nombreux à défendre et qui parfois nous semblent insurmontables quand on se sent seul. Vous, en masse, dans les rues de la capitale et des villes de notre pays, criant, chantant, sortis d’un monde de nulle part avec cet accent de liberté d’un peuple qui marche sur le chemin de ceux qui nous l’ont confiée.
J’ai eu cette émotion que donne une foule dans un instinct grégaire où le sentiment devient une masse que l’on ne maîtrise pas, et pourtant chaque regard, chaque mouvement semble mu par une même sensation, celle que l’on croit notre, et qui d’un coup devient un sentiment commun.
Pour moi de l’opéra Garnier à l’assemblée nationale j’ai vécu dimanche la revanche des manifestations passées, où il manquait la masse d’un peuple que je croyais……. Et qui n’a pas oublié.
Merci la vie de ces jours qui nous rappellent que nous sommes solidaires, après avoir vécu un jour que comme celui-ci demain ne sera plus pareil.
Je m’excuse auprès de ceux que j’ai pu choquer dans mon abîme d’idées qui m’avait enseveli. J étais C et il n’y a que les C qui ne changent pas…/..N a
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| Mercredi 28 Novembre 2007 |
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| Ma ville mon palais |
| |  Le 28/11/07 Cr
Le conte pourrait être banal, si aujourd’hui encore dans le pré dont personne ne vous révélera le nom, à l’endroit même de la vigne où une nuit les ceps disparurent, pour ne laisser à cet endroit qu’une terre où rien ne pousse. Et de l’imagination de chacun si vous passez dans le pays, vous donneront de leur avis la version qu’ils ont cru, voir une nuit caché derrière un buis, à contempler sous la lune cette terre phosphorescente vers minuit. Je peux vous donner un avis il vaut valeur d’une vision de nuit.
((Dans nostre siècle aco s’es endevengut beleû qu’un cop ; en l An Quaranto. Mes es arrivat, e tout lou villageot de Lunas ,a soun encanso, abio sounat lou branlobas ; Tout aco per uno luseto coumo se dis atabé.))
Cela vaut bien entendu pour un avis, je vous conseille si vous passez au pays d’y aller voir le village d’en haut
Remonter la délicieuse vallée du Gravezon par la route Départementale 138, l’on accède à quatre kilomètres au nord de Lunas au curieux petit village de Joncels, qui n’est pratiquement pas sorti de l’enceinte fortifiée délimitant jadis l’ensemble de bâtiments conventuels.
Bien que fortement endommagés par les assauts successifs des siècles, ces bâtiments, ainsi que les maisons plus récentes, se situent dans un quadrilatère percé de venelles étroites surmontées de portiques originaux. En fait, l’ensemble de ce village conserve les vestiges d’une très ancienne et très importante Abbaye Bénédictine. Dont il me paraissait intéressant, si vous le souhaitez que je vous en raconte un résumé de son histoire…/…
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| Quand Dieu s'éfface, c'est le Diable qui prend sa place. |
| |  ../..Suite ((Mon ami, lui dit-il, je t’annonce une nouvelle fâcheuse. Ton épouse fatiguée d’attendre ton retour, doit convoler demain en ses noces ; il te reste qu’un moyen pour l’en empêcher : livre-moi ton âme et tu seras libre)). Le prisonnier repoussa énergiquement une telle proposition. ((Eh ! bien, soit, reprend le diable ; Je briserai tes fers à deux conditions/ la première c’est que tu m’accorderas chaque année, les grains de raisins tombés à terre dans la vigne de Madame, ainsi que le regain du prés de Sourlan ; la deuxième, c’est que je deviendrai le maître absolu de la première personne que tu embrasseras en entrant dans ton château))
Le seigneur de Lunas souscrivit volontiers aux exigences du diable. L’esprit des ténèbres brise donc les chaînes du prisonnier, l’enlève à travers l’espace et le dépose libre dans la campagne. Mais, se ravisant tout à coup, il lui lie les mains derrière le dos pour l’empêcher de faire le signe de la Croix. Les deux compagnons prennent ensuite la route du château, où ils arrivent à la tombée de la nuit. Ils entrent bientôt, sans se faire annoncer, dans la vaste salle où de nombreux convives s’apprêtaient à faire honneur au festin de noces.
Tout à coup, le sire de Lunas, épris d’amour pour son épouse infidèle, oublie son juste ressentiment et, le pardon à la bouche, il veut se jeter dans ses bras. C’en était fait de la châtelaine…. Elle allait appartenir au diable, lorsque le captif se rappelant sa promesse trop légère, se retourne à la hâte, embrasse la grosse pierre placée à coté de la porte d’entrée « vous savez celle au bec de cafetière » et comme ses mains n’étaient pas libres, fait avec la tête le signe de la Croix.
Le diable, furieux d’être dupé, s’enfuit en poussant d’horribles imprécations. Il emporte comme mince paille, la pierre qui avait reçu l’accolade de sire de Lunas. Mais la légende serait incomplète, si je n’ajoutais d’après elle, que le diable n’a pas renoncé à ses droits sur les prés « dont je vous révèlerais toujours pas le nom » Parfois, lorsque un vent subit soulève les feuilles des vignes et l’herbe des pâturages. Il y a encore, une terreur superstitieuse s’attachant à la vigne et aux prés. Il m’arrive certaine nuit de septembre, quand le vent hurle dans la cheminée, de penser aux histoires de mon oncle qui dans le noir de sa mine, le diable a emporté.. ;/..N a ; A M.
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| Dimanche 25 Novembre 2007 |
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| Devant le néant de l'impuissance je me réfugie dans mon enfance |
| |  Histoire du Diable
C’était il y a un temps certain au demeurant pas si lointain, au bord de la rivière vivaient des cousins, chez qui j’aimais aller. Enfant, et à cet âge, l’eau, les bosquets de genêts, le champs de tomate, et le verger, étaient les lieux privilégiés de nos jeudis et dimanches matins, où l’on volait à la messe pour le terrain de jeu du lieu dit le moulin. Mon oncle, canular, prenait un malin plaisir à extraire des pattes du curé, comme il disait, les enfants à qui souvent il profitait pour leur conter des histoires pleines de malice que nous trouvions à notre goût plus que les vœux pieux. De ces histoires, il en est une qui me trotte dans la tête, celle d’une grosse pierre incrustée au bord du chemin, en forme de V, légèrement creusée en son extrémité, avait comme un cafetier une forme de bec pour verser. Oui verser le sang des condamnés du diable, d’après la légende cet endroit aurait été pour le démon l’objet d’un camouflet. Cet oncle, je me souviens de lui comme d’un homme extraordinaire, les traits marqués par les éclats de charbon sur son corps criblés comme des tatouages, lui donnant l’air de sortir tout droit de l’enfer où il s’échinait douze heures par jour pour nourrir sa famille. Et quand assis sous le figuier, il nous contait l’une de ses histoires, quelque part, nous n’étions pas loin de penser qu’il devait l’avoir côtoyé, à fréquenter les profondeurs de la mine dans le noir du charbon. Chaque fois que la sirène hurlait sans devoir s’arrêter, la panique dans nos petites classes nous figeait, l’on savait que là bas au fond du trou, ils l’avaient rencontré. Et souvent des copains manquaient à l’appel, laissant dans les classes un ou plusieurs orphelins.
Il avait, pour raconter ses histoires, la voix avec ces pleins et déliés d’un accent étranger qui nous laissait pantois du temps qu’il prenait avec délectation à nous faire attendre, quand le suspens était dans nos yeux au comble de l’émotion. Aussi loin que je me souvienne, voila comment commençait l’histoire de la pierre du seigneur de Lunas, que d’un regard furtif, notre appétit attisait l’émotion.
((Alors que les hautes murailles de l’antique château couvraient encore les sommets escarpés du Redondel, alors que les seigneurs féodaux se prenaient de querelles sous le moindre prétexte et forçaient leurs manants à s’entredétruire pour gloire de leurs maîtres, il advint que le châtelain, trop batailleur de nature, fut abandonné de la fortune et tomba entre les mains d’un ennemi. Jeté au cachot, il attendit pendant de longs mois que son épouse envoyât la rançon qui seule pouvait anoblir le cœur de son barbare geôlier. Mais l’infidèle menait pendant ce temps joyeuse vie, et songeait déjà de convoler en de nouvelles noces. Lorsque le diable, voulant gagner à lui le seigneur, va le trouver dans son triste réduit….. /….. A suivre
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| Vendredi 09 Novembre 2007 |
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| Souviens-toi |
| | Au début du siècle, la télévision n'existait pas encore. Les enfants d'aujourd'hui, qui passent leurs soirées devant le petit écran, n'imaginent pas une seconde ce que pouvait être une veillée.
La nuit tombait vite à la fin de l'automne. Nous prenions nos repas à la lueur de la lampe à pétrole puis, lorsque la soirée était calme, sans pluie ni vent, nous nous rendions ma mère mes frères et moi, dans l'un ou l'autre des trois séchoirs à châtaignes voisins de notre maison.
Les séchoirs se ressemblaient tous, ils se composaient d'une seule pièce, au sol de terre battue n'ayant pour seule ouverture que la porte. Au milieu de la pièce trônait le "Fucone" ( le grand feu ). C'était une caisse carrée, d'un demi mètre de hauteur, faite de planches épaisses et remplie de terre argileuse tassée.
Sur cet âtre, un grand feu brûlait nuit et jour, un feu alimenté principalement avec des souches de bruyères arborescentes qui dégagent beaucoup de chaleur en se transformant en gros tas de braises. Le plafond était formé de claies enfumées sur lesquelles les châtaignes, étalées et remuées de temps en temps, se desséchaient lentement.
Dans le séchoir, l'atmosphère était chaude et enfumée; lorsqu'elle devenait suffocante et que les yeux piquaient trop, on ouvrait la porte pour chasser la fumée et laisser entrer un peu d'air frais. Dans le séchoir, il n'y avait pas d'autre éclairage que la lueur du feu ou celle d'une torche de bois gras (déda) qui brûlait en grésillant et le long de laquelle coulaient des larmes de résine. Les vieux, (car les jeunes étaient hélas! à la guerre), les femmes et les enfants s'asseyaient en rond autour du "Fucone" sur des chaises basses ou des petits bancs de bois. Les femmes écossaient quelquefois des haricots secs mais tricotaient, le plus souvent, des bas et des chaussettes de laine ou de coton. Les vieux chiquaient "l'arba tavacca" (l'herbe à tabac) dont chaque famille cultivait quelques pieds dans son jardin. Ces chiqueurs, à la joue rebondie de quelqu'un qui a mal aux dents, envoyaient de temps à autre sur le feu des giclées de salive brune. D'autres vieux fumaient la pipe, toujours bourrée de leur propre "arba tavacca". Ils sortaient de leur poche un petit sac allongé, en peau de chat, "l'arbagholu", contenant du tabac séché dont les feuilles avaient été émiettées aux ciseaux. Quand leur pipe était bien garnie, ils avisaient un petit tison et mettaient le feu à l'herbe à tabac en aspirant très fort quelques bouffées.
Dans ces séchoirs où plusieurs familles se réunissaient, tous, et particulièrement les enfants, attendaient deux choses: le plaisir de se régaler avec des marrons "i fasgioli", et le plaisir d'écouter de belles histoires "e foles", où il était question de "fate" (fées) de "streghe" (striges) et d'animaux monstrueux. On racontait aussi, à la veillée, des "stalbatoghji" (des histoires vécues" ou bien les histoires de "Grossu-minutu" ( "Gros-Menu", le fou de Pascal Paoli, histoires pleines d'à-propos, de malice et d'humour).
C'était généralement à un vieux ou à une vieille, qui connaissait l'art de les cuire à point, que revenait la tâche de griller les châtaignes dans le "testu". Le "testu" était un récipient de terre cuite, au fond percé de trous mais plus profond que la poêle à marrons dont on se sert de nos jours. Avec son anse, en terre cuite également, il ressemblait un peu à un panier. Le "testu", rempli de châtaignes fraîches était posé sur un trépied au-dessus des flammes et des braises.
Empoigné par l'anse, avec un chiffon afin d'éviter les brûlures, il était secoué vigoureusement pour brasser les châtaignes. Celles-ci commençaient à suer puis leur enveloppe charbonnait peu à peu et, quand elles étaient rôties à point, le "testu" était reposé à terre et couvert d'un papier d'emballage. Quand les marrons pouvaient être épluchés sans brûler les doigts, on les découvrait et alors tous les bras se tendaient et toutes les mains se rencontraient dans le "testu".
Pendant que cuisaient les marrons ou qu'on les dégustait, quelqu'un racontait une "fola", en langue Corse bien sûr, une de ces histoires merveilleuses qui n'avaient rien à envier aux contes de Perrault. Le conteur terminait invariablement par cette phrase: (cela s'appelle "filastrocca", "comptine.. Julie Avignon Pastinelli
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| J'ai commencé la première page, pour ne finir le livre qu'à la première lueur du petit jour |
| | Je peux voir la canopée comme des vagues immobiles aux quelles seul le vent de la montagne donne une vie de mer sombre. Il traîne des brumes alanguies que le soleil levant finit toujours par enflammer. Au-delà il y a un grand fleuve et bien au-delà la mer, la vraie, l’infinie, qui se dessine parfois comme un trait de lumière pour souligner l’infini du ciel. J’aime cet endroit comme une escale de paix. Je suis un égaré ayant décidé de se poser, de rester là dans chaque instant des souffles. J’écoute l’oiseau, un chant sur la page de silence. A la fin du jour il y a celui des voix de la vallée, isolées comme des notes échappées. J’apprends l’attente, celle de l’instant, celle de la pluie, des jours à venir, de la nuit, de la première étoile, celle du feu pour les repas et pour réchauffer les soirs. J’attends sans impatience, en vivant l’instant comme une éternité. Ajouté à ce bonheur, il y a l’inattendu de cette vie là haut, les coups de vent soudains qui annoncent l’orage. Il y a alors une plainte rugueuse des écorces blessées, un bavardage précipité du feuillage sans ailes sombres des nuages, et je me régale d’un poignard de feu, derrière les voiles d’eau. Il me semble que ces instants-là ne peuvent finir. Tous les soirs avant la noyade solaire, quand l’ombre du petit sycomore s’étire en géant, je m’assois sur le tronc couché qui barre le sentier. J’ai alors, comme le veilleur, le sentiment de garder un territoire. |  | | > Télécharger la pièce jointe | | > Commentaire(0) | |
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| Dimanche 30 Septembre 2007 |
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| Balade en Balagne |
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Le 30/09/07 C r
Au seuil du désert des Agriates quand on aborde la plage de Lozari, c’est en Balagne que j’aime monter vers le pays. Entre le fleuve Regino, la départementale qui gravit vers Pntal Di Paraso c’est là qu’il faut faire sa première halte pour voir les bleus du ciel et de la mer que sépare un trait ténu. Le nez planté au vent du Cap qui échevelle les grands Laricios, dans le maquis des arbousiers, lancer à la volée le regard que seul arrête les clochers des villages brodés dans le rocher. Là bas Belgodère, ses toits de tuiles canal en casquette cernent le premier contre fort, puis enfouie la route dans son décor jusqu’à la grande église qui lance en face l’asphalte vers les contours des Cima di Tornabue.
Quatre kilomètres plus loin juste après un virage derrière la vallée Costa le bien nommé. On entre par une petite route baptisée nationale cent quatre vingt dix sept qui coupe aux deux tiers le village, où sur l angle d’un mur est apposée une plaque de fonte brune qui compte déjà trente huit km de Calvi. Il faut poser quelques instants le temps d’une visite car au travers de palmiers qui masquent la vallée, le grand clocher culmine sur des ruelles imbriquées de maisons charmantes gardant jalousement le secret des résidents. Sur la placette, en contre bas une fontaine coule d’un mur dans une auge de grés qui donne l’été ses baisers glacés. C’est un village de cette chère Balagne où l’on aimerait un instant s’asseoir à l’ombre sur les marches d’une maisonnette pour échanger l’envie de raconter. Mais c’est en bas sous la chapelle du cimetière qu’à l’ombre des rameaux du patriarche un grand olivier plusieurs fois centenaire, qu’en plein midi il m’a dit ce que j’aurais aimé entendre dire des gens du pays. Un songe peut être, un rêve, j’en suis sûr il me l’a dit../.. N a
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| Dimanche 23 Septembre 2007 |
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| Le piano |
| |  Le 23/09/07 C r
Je me souviens comme si c’était hier le jour de notre première rencontre, c’était au milieu de la cohue de gens qui étaient venus chiner la bonne affaire, et chaque fois par curiosité après avoir levé son couvercle certains essayaient en touchant son clavier s’il fonctionnait. Attiré par ces notes que le hasard de chacun faisaient monter du coin où il était, mon attention captivée je lui rendis visite, je ne sais pas si c’est à cet instant que j’ai eu le coup de foudre toujours est-il qu’après avoir tourné autour inspecté sous toutes ses coutures je commençais à le tatouiller, lever son couvercle, du doigt suivre le contour, sentant en moi comme un amour qui naît. Au bout d’une heure de visite sa volupté m’avait tellement pénétré que je m’étais amouraché. C’est donc dans cet état d’esprit que dans la salle des ventes,assis sur ma chaise j’écoutais lentement la musique de l’huissier énumérer toute la litanie des objets, en regardant sans la moindre malice les mains tour à tour se lever. Et quand le nom piano, suivi de mise à prix, qu’il me prit cette envie irrésistible sans réfléchir qu’il devienne mon ami, mais à quel prix ?. Car ma voisine qui sans doute avait nourri pour lui des intentions s’écria ! Faut-il que vous l’aimiez? Je reconnais l’air un peu bête, que je ne saurais jamais pourquoi ce jour là, moi qui d’habitude circonspect où à ce point craqué, faisant ainsi le geste. Et c’est sans doute là que le bat blesse, car je n’avais pas chez moi la moindre place pour le loger, et qui plus est quand je donnais le chèque en blanc signé, pas certain d’avoir l’argent pour le payer. Voila sans morale du tout comment un jour par amour j’ai lié connaissance avec les ennuis de le caser mon premier piano. Le poids, et cette place qu’il lui fallait, poussant le canapé, le buffet, la chaîne, rien n’y a fait à l’évidence chez moi il ne tenait pas. C’est donc précieusement enroulé dans une couverture, dans un local fermé à clef que de temps en temps j’allais lui rendre visite, car je crois qu’il me manquait, et combien de railleries et quolibets de mes amis parlant de moi et de lui ils m’ont gâté. Alors dans l’attente de sa nouvelle pièce que j’ai spécialement choisi pour lui, ensemble nous allons vivre des symphonies, et que pas un de mes amis sur lui pose son verre. Non je n’ai pas le moindre regret d’avoir un jour céder au rêve debout et éveillé../.. N a
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| Vendredi 21 Septembre 2007 |
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| Parade d'Automne |
| |  Le 20/09/07 Cr
Au vingt troisième du mois sonné en franchissant l’automne mon parc va parader, il bruisse dans ma tête déjà la grande fête. Devant l’entrée des séquoias géants de leurs cimes papote avec le vent que de leurs branches en chevons écran ils font. Le long de la grande allée, en pourpre et mordoré les petits liquidambars réunis en bosquet ouvrent en grand argentier le bal costumé. A gauche sur son tapis rond de feuilles sèches un marron d’inde essoufflé d’avoir ouvert le bal tôt le premier, dessine ses membrures d’un grand vaisseau tout dévoilé, qu’au pourpre saillant d’un hêtre rouge en transparence il semble voler des écailles de sang. Là bas le catalpa surmonté de platane, l’un en parasol formé, l’autre son tronc tout encarté des largesses de l’été, ensemble par mimétisme au temps passé, tout en dorure se sont parés, peignant de leurs reflets les bancs de la halte qui sous leurs troncs ont encerclés. Même les allées bordées de haies de charmes que la treille de ses assauts a dévorés, mélange son cinabre aux écus paille des feuilles enchâssées. Ces jours là sous les pas le gravillon ne crisse pas, il chante car désormais dans mon grand parc je danse../..N a
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| Juillet 2008 |
| L | M | M | J | V | S | D |
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